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Axe transversal "Images et sciences sociales"

par Sylvie Chiousse - publié le

Le processus de rapprochement entre le LAMES et le CHERPA a donné l’occasion de recenser un nombre important d’expériences pratiques de couplage entre images et sciences sociales chez les chercheurs des deux unités, prenant des formes variées. Elles partagent d’être menées isolément, ou plus exactement dans des collaborations avec des partenaires extérieurs et sans dialogue formalisé avec les chercheurs des unités. Leur évocation publique a suscité l’intérêt de beaucoup de chercheurs et a donné à voir, au-delà de réalisations plus ou moins abouties, des projets en attente de concrétisation : à des degrés divers de maturation, certains en quête de légitimité, d’autres en quête de moyens de réalisation, tous en demande d’espaces de discussion. Il s’impose donc de réfléchir à ce mouvement non ordonné de mobilisation de l’image dans la recherche pour voir ce qu’il a de nouveau et de consistant. Et, le cas échéant, ce qui pourrait le soutenir sans en écraser l’effervescence et la force de renouvellement de nos pratiques.

Ce mouvement se situe à la rencontre de transformations consécutives au développement de ce qu’il est convenu d’appeler les humanités numériques et de changements dans les attentes sociales que les chercheurs peuvent se donner pour mission de satisfaire. Les Humanités se trouvent renouvelées par le numérique qui affecte les façons de travailler des chercheurs. Réciproquement, les attentes de la société vis-à-vis des chercheurs sont stimulées par le numérique, en faveur d’une science publique, participative, tant dans ses questions que dans l’appropriation la plus large possible des connaissances que les chercheurs contribuent à faire émerger. Il n’y a sans doute aucun hasard à ce que ces questions viennent aujourd’hui à l’agenda pratique de chercheurs d’une unité qui met en avant son attention à l’empirie, sa réflexion sur les pratiques d’enquête et d’exploitation d’archives, sur l’action publique saisie à hauteur de femmes et d’hommes, et sur sa façon de constituer des objets de préoccupation, voire d’injonction, et d’en tenir d’autres à l’écart. Mais cela mérite d’être documenté pour savoir en tirer tout le parti imaginable.

Ainsi, il convient d’explorer ce que la révolution numérique fait au travail de chercheur en sciences sociales soucieux d’enquête empirique et d’attention aux interactions sociales quand elle rend l’image exploitable beaucoup plus facilement (pour recensement-indexation, pour filmage-cadrage-montage, pour mobilisation dans des formes hybrides d’expression…), et cela sous différentes formes, dans de nouveaux cadres de coopération professionnelle. Les initiatives dispersées qu’on a repérées chez différents chercheurs du laboratoire serviront de premier appui pour proposer à tous de participer à un recensement de pistes et pour voir si la coordination de ces explorations suivant des modalités à imaginer pourrait leur donner plus de chances de succès et plus de force face aux objets d’investigation désormais partagés. Du même coup, ce sera l’occasion d’interroger de nouvelles formes d’écriture de la recherche et de favoriser une appropriation publique plus grande des travaux de sciences sociales dans nos domaines : par partage des résultats comme dans un musée de société (par exemple le MuCEM à Marseille) mais aussi par familiarisation avec les modes de production de données et avec les modes de raisonnement des chercheurs, auxquels l’image permet d’associer parfois les « publics » de la science (comme peuvent souhaiter le favoriser sur certaines questions de transformations sociales et politiques des professionnels sortis d’un master d’études méditerranéennes). Plusieurs axes d’interrogation sont d’ores et déjà ressortis de la phase de recensement des pistes de travail : écrire avec l’image, enquêter par l’image, lire l’image et former avec l’image. Ils serviront aux premières présentations et invitations en séminaire de laboratoire, en partenariat avec le GDR « Image, écritures transmédias et sciences sociales ».