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MOTION DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU LAMES

par Sylvie Chiousse - publié le , mis à jour le

MOTION DE L’ASSEMBLEE GENERALE DU LAMES
REUNIE LE 24 JANVIER 2020

Les membres du Laboratoire méditerranéen de sociologie (LAMES, UMR 7305, Aix-Marseille université, CNRS), réunis en Assemblée générale le vendredi 24 janvier 2020, appellent à la mobilisation en faveur d’une véritable loi de programmation pluriannuelle de l’enseignement supérieur et de la recherche qui garantisse l’engagement de moyens publics sans lesquels il serait fallacieux de prétendre analyser les défis de société et favoriser le rayonnement intellectuel de la France. Les projets actuels du gouvernement, très éloignés du résultat des consultations préalables, ne peuvent qu’aggraver la situation déjà très tendue de nos universités et organismes de recherche. Ils doivent donc être résolument combattus.

Dans la continuité de réformes antérieures (LOPRI de 2006, LRU de 2009) qui ont conduit à la situation actuelle, ils auront pour effet de fragiliser encore davantage le monde de la recherche et de l’enseignement supérieur selon une logique « darwinienne » et « inégalitaire » (A. Petit) :
• affectation des moyens soumis à des indicateurs de « performance » des unités rendant très mal compte du travail des personnels, ce qui décourage les initiatives collectives, la collaboration dans le travail et l’exploration de réflexions vraiment nouvelles ;
• remise en cause des fonctions du Conseil national des Universités et de la collégialité de l’évaluation par les pairs qui assure une compréhension partagée des intentions de recherche et de leurs conditions de réalisation ;
• remise en cause du statut des enseignant.e.s-chercheur.e.s avec la disparition de la référence aux 192 HETD dans la définition des services enseignants pour justifier de ne pas recruter de personnels face aux montées d’effectifs étudiants ;
• amplification de la contractualisation et de la précarisation dans l’ESR (avec le CDI de projets en plus des CDD en tout genre, etc.) qui affecteront chercheur.e.s, enseignant.e.s-chercheur.e.s et personnels d’appui à la recherche, davantage occupés à préparer leurs lendemains qu’à s’engager vraiment dans leurs recherches…

Cette réforme généralise la précarité, renforce la logique managériale et anéantit la liberté d’étude et de recherche. Cette réforme s’inscrit dans un processus plus large de subordination de l’ensemble de nos services publics aux intérêts privés comme dans le dossier des retraites où la perspective de réduction drastique des pensions par répartition profitera aux acteurs de la capitalisation, ce qui poursuit la remise en cause de la logique de solidarité nationale.

Face à ces menaces, les membres du LAMES tiennent à réaffirmer avec force les principes incontournables pour garantir, dans le cadre du service public de l’ESR, le bon fonctionnement et le rayonnement de leurs missions de recherche et d’enseignement. Soucieux de préserver une université ouverte à tous et de lutter contre toutes les formes de précarité des personnels, ils affirment leur attachement aux statuts pérennes des personnels d’appui à la recherche, des enseignant.e.s-chercheur.e.s, et des chercheur.e.s et s’opposent au développement de toutes les formes de contractualisation. Ils réaffirment la nécessité d’augmenter les moyens pérennisés pour permettre la création de postes de titulaires et la revalorisation des traitements de l’ensemble des personnels. Les membres du LAMES s’opposent avec conviction à toutes les formes de libéralisation et de marchandisation de la recherche et de l’enseignement qui méconnaissent les vertus de nos libertés académiques.

L’AG invite l’ensemble des membres de l’UMR à rejoindre les mobilisations nationales et locales en cours en participant aux actions et manifestations ; à transformer les séminaires, journées d’étude et colloques pour imaginer d’autres formes d’action ; à alimenter les caisses de grèves des salariés en lutte depuis plusieurs semaines.
Par exemple, la caisse de solidarité avec les grévistes d’AMU
ou la caisse interprofessionnelle de la CGT

La motion a été votée à l’unanimité des membres présents et des représentés.