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Axe 3 - Education et cultures à l’ère numérique

par Sylvie Chiousse - publié le , mis à jour le

[anciennement : Savoirs, connaissances et culture]

Cet axe s’inscrit dans la tradition des recherches conduites au Lames dès sa création et constitue aujourd’hui, par les thématiques analysées et les domaines d’études abordés, un espace de recherche et d’innovation privilégié dans l’environnement territorial, social, culturel et scientifique d’Aix-Marseille Université. Les recherches au sein de cet axe s’inscrivent plus particulièrement en sociologie de l’éducation, sociologie de la connaissance et des savoirs et sociologie des arts et de la culture.

Nos objets sont abordés à partir d’approches théoriques et méthodologiques transversales, sociologiques, pluri et interdisciplinaires, en lien avec le développement des humanités numériques (nos objets s’y rapportent, nos méthodes de travail en relèvent, nos formations universitaires s’en saisissent). Les travaux conduits au sein de cet axe composent avec des champs et domaines d’étude variés et bien ancrés dans la sociologie. Ils relèvent d’échelles d’analyse différentes, micro, méso et macro, selon les contextes et types d’investigation choisis et/ou commandités, selon les choix méthodologiques opérés. Ils partagent également un certain nombre de points communs, de convergence d’analyse, permettant une dynamique collective de travail et d’échanges (qui passe par des journées d’étude, un séminaire commun, la constitution d’équipes autour de projets spécifiques, etc.) et une cumulativité des connaissances sociologiques.

D’un point de vue général, ce qui nous intéresse renvoie à la production et la circulation des savoirs et savoir-faire, des connaissances, à la question des mobilités. Les pratiques et les représentations sociales que nous étudions sont considérées au regard de leurs constructions et de leurs formes d’appropriation, de leurs transformations et de leurs enjeux, observées en situation, mais non exclusivement, et afin de saisir quels types d’acteurs, d’objets, de dispositifs, d’institutions, d’actions et d’interactions, quelles formes de mécanismes et de contenus se mettent en place et/ou se (re)configurent au sein de nos sociétés contemporaines. Ce qui est transversal et partagé dans nos approches touche à des processus (on pensera ici à la démocratisation qui concerne tout autant l’éducation que la culture), à des entrées communes (les nouvelles technologies dans les formes contemporaines de création et de réception, les formes d’apprentissages, les politiques publiques et leurs effets), à des perspectives croisées (le corps est abordé dans des recherches sur les rapports homme-femme, mais aussi au travers de la littérature, de l’art contemporain ; la réception des œuvres est abordée dans l’école, les arts visuels, la musique, la littérature, etc.), à des mises en perspective de nos objets (à l’ère du numérique, dans un contexte de mondialisation des échanges).

Nos travaux entretiennent des liens avec l’espace euro-méditerranéen dans lequel ils s’élaborent, se construisent et se développent, faisant écho à la question de la Méditerranée inscrite dans l’intitulé même du laboratoire. Nos activités s’organisent au travers d’études ciblées, de programmes de recherche, et d’activités de valorisation et de diffusion : nous sommes régulièrement sollicités pour la construction d’enquêtes, pour réaliser des expertises, pour contribuer à des programmes nationaux dans le domaine des politiques publiques liés à nos domaines de compétences.

Enfin nous avons noué de fructueux partenariats avec les institutions culturelles et éducatives locales, régionales, nationales (ministères de la Culture, de l’Éducation nationale, des Outre-mer, MuCEM, Rectorat, ESPE...), mais aussi avec des groupes de recherches et laboratoires de différents pays (ESCOL, RESEIDA (Paris), Triangle (Lyon), OSAT (Oxford), WISERD (Wales), GIRSEF (Belgique)).
Les analyses produites, leur inscription dans une réflexion plus globale sur des questions de société, leur valorisation et mise en débat dans le cadre d’échanges scientifiques, professionnels et universitaires participent à la consolidation, au renouveau et au déploiement des connaissances dans nos champs de recherche spécifique, pour la sociologie elle-même.
Au travers de la pluralité des objets, des cadres et des échelles d’analyse formés par l’ensemble des recherches conduites au sein de notre axe, il s’agit tout autant pour nous de renforcer (dans nos domaines de compétences l’éducation, les savoirs, les arts et la culture) l’attention sur les liens et les échanges avec la cité en développant des collaborations et des recherches territorialisées, que d’ouvrir une perspective d’analyse réflexive et épistémologique au regard des mutations, des avancées de la sociologie et de son devenir.

- Sociologie de l’Éducation
Nos recherches en éducation portent sur les ressorts des inégalités scolaires, sociales, spatiales et culturelles concernant les curricula, l’orientation scolaire et les relations formation-emploi en Europe et autour de la Méditerranée. Les analyses développées visent notamment l’étude des curricula, des pratiques éducatives et culturelles (de lecture par exemple), ainsi que l’étude des entraves à la circulation dans l’espace éducatif européen, voire à l’international. Le niveau de l’enseignement supérieur longtemps négligé par les recherches en sociologie de l’éducation, est ici un axe important d’investigation, comme les études comparatives sur les actions publiques nationales, internationales, européennes, notamment à travers l’étude du programme Erasmus. Elles nourrissent un axe de réflexion sur le transfert de certaines compétences de l’État vers les Régions et le transfert d’autres compétences, de l’État vers des organismes supranationaux.
Nos orientons aujourd’hui une partie de nos recherches sur la manière dont interagissent les territoires, à travers l’étude des politiques publiques (à différents niveaux) et la mobilité des personnes (à différentes échelles), mais aussi à travers l’étude comparative des circulations, des programmes dans l’espace euro-méditerranéen (dont une attention particulière portée au pourtour méditerranéen, au Royaume-Uni et aux Outre-mer). Par ailleurs, nous nous interrogeons sur les conditions de la production scientifique, sur les transformations des curricula et du métier d’enseignant du primaire au supérieur, sur les mutations de l’institution scolaire et universitaire. Lesdites « révolutions du numérique » au sein de la « société de la connaissance » sont également des thèmes qui occupent nos horizons de recherche.

- Sociologie des arts et de la culture
Dans le domaine des arts et de la culture, nos recherches explorent les différents moments (création, diffusion, médiation et réception des œuvres) pour toutes les formes (de la littérature, à la musique, en passant par les arts visuels contemporains, la photographie ou le théâtre), avec une attention plus spécifique pour ce qui est contemporain, pour ce qui touche aux publics et à la réception, pour des objets inédits (le cadavre dans l’art) ou innovants (la médiation numérique). _ Face à des faits artistiques et culturels que les catégorisations et modèles d’analyse proposés jusqu’alors par la sociologie et qui sont parfois inadéquats à expliquer, nous privilégions une perspective d’approche (théorique, méthodologique et thématique) inter et pluridisciplinaire, exploratoire et qualitative, qui intègre aussi une réflexion sur l’histoire du champ et sur les effets produits par les connaissances accumulées. Nous nous intéressons particulièrement à la manière dont se construisent et se transforment les usages et rapports sociaux et esthétiques des individus avec les arts et la culture, prenant en considération la diversification des logiques de participation, observant des formes de réception nouvelles, différentes, en voie de mutation. C’est un mouvement de fond plus diffus qui intéresse nos travaux et qui révèle une dynamique sociale et culturelle portée par les acteurs dans la manière qu’ils ont de composer avec les objets artistiques et culturels ; dynamique qui est en lien avec les transformations des mondes de l’art et de la culture certes, mais tout autant qu’avec celles des mondes de la vie quotidienne, des mondes urbains, du travail, des loisirs, elle est traversée par des effets générationnels, liés aux nouvelles technologies, à une transformation de notre rapport au temps et aux espaces (privés, publics, réels ou virtuels).
Nous abordons ces thématiques (création, diffusion, médiation et réception) dans le cadre de recherches-action territorialisées (sur des cités marseillaises), au travers de l’élaboration de programmes de recherche spécifiques (sur Marseille capitale européenne de la culture par exemple), dans le dialogue avec les institutions (Rectorat, ministère de la Culture et de la Communication, etc.), mais également dans le cadre de thèses en cours (sur les musiques actuelles, la médiation numérique, etc.).

- Sociologie du corps et des rapports de genre
Sociologie du corps ainsi que sociologie du genre traversent nos différentes recherches. Les formes éducationnelles et culturelles que nous analysons s’expriment sur et par les corps, notamment de façon genrée, et s’impriment également dans des corps (ainsi le procès de scolarisation). Corps et genre se conjuguent également avec les sociologies de l’art et de la littérature ; les œuvres analysées, qu’elles soient littéraires ou visuelles, traitent du corps, vivant ou mort, qu’elles mettent en mots et en scène ; de même qu’elles expriment dans leur complexité les rapports sociaux de genre, que ce soit dans leur matérialité textuelle et iconique ou dans leur réception.

Ces trois domaines par la diversité, la pluralité et la complémentarité des recherches que nous y conduisons nous placent à la croisée de plusieurs champs de la discipline, parmi ceux qui ont le plus bougé ces dernières années, parmi ceux aussi qui présentent des objets nouveaux.

Membres de l’axe :
- Sylvia Girel (enseignante-chercheuse), Responsable de l’axe

- Pascale Ancel (chercheuse associée)
- Cécile Arnaudo (chercheuse associée)
- Magali Ballatore (enseignante-chercheuse)
- Elodie Bordat-Chauvin (chercheuse associée)
- Fanny Broyelle (chercheuse associée)
- Nasser Dendani (enseignant-chercheur)
- Daniel Frandji (chercheur associé)
- Catherine Galli (chercheuse associée)
- Iris Loffeier (chercheuse associée)
- Paul Morgan (chercheur associé)
- Nadège Pandraud (chercheuse associée)
- Nicole Ramognino (professeur émérite)
- Ariane Richard-Bossez (enseignante-chercheuse)
- Barbara Rieffly (chercheuse associée)
- Gloria Romanello (chercheuse associée)
- Fabienne Soldini (chargée de recherche)
- Sophia Stavrou (chercheuse associée)
- Dimitri Trimithiotis (chercheur associé)
- Philippe Vitale (enseignant-chercheur)
- Olivier Zerbib (chercheur associé)

Lettre de l’axe 3

n°1, février 2016
n°2, juillet 2016

Thèses en cours :
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- (Co-directions hors ED 355 : Lila Neutre, Elisa Ullauri, Nicolas Debade)

Dernières thèses soutenues :
- Barbara Rieffly : Les événements off diffus sur le territoire des régions métropolitaines européennes : une relation identitaire (2015)
- Ariane Richard-Bossez : La construction sociale et cognitive des savoirs à l’école maternelle : entre processus différenciateurs et moments de démocratisation. Le cas des activités relatives à l’écrit en grande section (2015)
- Catherine Galli : D’une innovation pédagogique au "bougé" de la forme scolaire. Monographie du dispositif PASS dans l’Académie d’Aix Marseille. (2014)
- Dimitris Trimithiotis : Les formes d’émergence et de réalisation d’une Europe politique. De la production des programmes électoraux aux messages médiatiques de la campagne européenne de 2009. (2013)
- Iris Loffeïer : Les personnes âgées : construction collective d’une catégorie sociale (2013)
- Manal Mahmoud : « Le port du voile » : La construction d’une division de l’espace public français entre médias et porteuses du voile (2013)
- Nadège Pandraud : L’exposition différenciée aux apprentissages de français en classe de sixième. Processus sociaux et épistémiques de la révision des savoirs. Une observation dans deux collèges marseillais. (2012)
- Sophia Stavrou : Réforme de l’Université et transformations curriculaires : des activités de recontextualisation aux effets sur les savoirs. (2012)
- Cécile Arnaudo : Les enjeux républicains et/ou laïques des mutations curriculaires : « l’enseignement du fait religieux » dans l’enseignement de l’Histoire au lycée. (2011)
- Célia Poulet : L’apprentissage d’une pratique démocratique : l’exemple de la prise de parole en Franc-maçonnerie. (2011)