Accueil > Domaines de recherche

Axe 1 - Questions environnementales et dynamiques sociales territorialisées. Urbanités, industries, énergies, risques, groupes sociaux

par Sylvie Chiousse - publié le , mis à jour le

[anciennement : Espaces / territoires / environnement]

Reconfigurations critiques des territoires contemporains et enjeux sociaux des problématiques environnementales

Cette composante de l’unité privilégie l’entrée spatiale ou « l’approche écologique » (au sens de l’école de Chicago) dans l’étude des phénomènes sociaux.

Elle a mené (et continue de mener) des recherches sur l’évolution des cadres spatiaux de la vie sociale, qui se focalisent aujourd’hui sur l’étude des facettes selon lesquelles les problématiques environnementales contemporaines impriment leurs effets dans le tissu des rapports sociaux (localisés ou pas) et interviennent comme médiation critique nouvelle dans les rapports que les sociétés et leurs membres – et « à toute échelle » - entretiennent entre eux et avec leur espace.

Dans le panorama des recherches de l’équipe, qu’elles soient récentes ou en cours, on trouvera ainsi des travaux qui portent aussi bien :
- Sur la thématique des risques (technologiques et naturels) et ce qu’elles enclenchent aussi bien en termes de montages institutionnels que de mobilisation des publics (étude sur les « publics de la reconstruction de la Nouvelle Orléans post Katrina » ; étude des régulations sociales autour de mono-industries à risques dans leur territoire).
- Sur une analyse des dispositifs de concertation attenant aux incertitudes environnementales (scientifiques et d’évaluation) ainsi que des dispositifs d’indemnisation et compensation qui accompagnent les processus de prise en charge du dommage à l’environnement.
- Enfin – question liée à la précédente - sur les formes de la mobilisation environnementale visant la dénonciation de phénomènes de pollutions industrielles, ou encore des impacts environnementaux d’infrastructures lourdes et fortement consommatrices d’espace (aéroports, Lignes à Grande Vitesse, parcs photovoltaïques, etc.).
- Sur le suivi et l’approche comparative des nouvelles normes du « durable » telles qu’appliquées et mises en œuvre dans les politiques urbaines et d’aménagement des territoires sur les deux rives de la Méditerranée ainsi que sur les nouvelles conceptions de l’urbain dans sa relation au naturel et au rural (agriculture urbaine, urbain comme « projet local »).
- Sur la « transition énergétique » et un suivi des enjeux sociaux qui lui sont indexés, saisis aussi bien au niveau d’une recomposition critique des tissus industriels en place (et des métiers qui les structuraient sur leurs territoires) qu’à celui de jeux d’acteurs internationaux en voie de recomposition. Orientant, donc, vers une approche prospective des conversions économiques aussi bien que territoriales à venir.
- Sur l’impact du « normatif environnemental » sur les professionnels de l’espace à travers le cas du métier de paysagiste.
Au-delà de leur diversité de terrains, ces approches sont toutes aimantées vers un même objectif, celui d’une clarification analytique des dynamiques sociales suscitées par l’horizon problématique ouvert par les enjeux d’environnement.
En effet, si le thème de « l’empreinte écologique » des sociétés - et celui connexe d’une « nature anthropisée » (désormais conçue comme plus mal que bienveillante) - est effectivement entré dans les répertoires (publics) des motifs qui légitiment et/ou poussent à « intervention et action collective », il est d’autant plus important que des approches sociologiques viennent documenter et analyser si et comment cette préoccupation fait son chemin dans les différentes formes de vie qui composent une société.

Au plan des enquêtes que mène l’équipe, cette question est relevée, aussi bien à travers le suivi et l’analyse des variations dans les agendas des armatures institutionnelles en charge du bien public et/ou de l’intérêt général, qu’à travers celui d’un dépliement de l’éventail des préoccupations des habitants et notamment telles qu’elles se manifestent quand ceux-ci se mobilisent et passent à l’action.

Pour saisir cet objet fédérateur, celui de « l’empreinte sociétale de la problématique environnementale », l’entrée écologique, c’est-à-dire par la dimension spatiale, est précieuse. Comme leur nom l’indique, les problèmes environnementaux sont bien des problèmes qui arrivent à des « environnés » : ils se présentent donc « par les lieux » (et quelles qu’en soient les échelles), ce qui rend heuristique de les saisir dans cette dimension « localisée ».

« En extension », ils mettent à l’épreuve des milieux humains plus ou moins circonscrits et laissent, du coup, augurer qu’une analyse fine des relations sociales (avec leurs asymétries propres, supportant d’autres vulnérabilités…) prévalant dans les circonscriptions où ils déposent leurs effets éclairera l’intelligence des dynamiques qu’ils suscitent (ou ne suscitent pas).

De manière plus « intensive », on sait que le souci environnemental, à la fois fait saillir et opère une mutation dans les registres de « l’attachement aux lieux », et des valeurs qui lui sont associées et conduit notamment à d’autres manières d’en épeler les bénéfices ou les menaces, et/ou de les opposer (mais selon quels étalons d’équivalence ?) à d’autres batteries de valeurs concurrentes.

Ce sont ces questions là qui animent les recherches de l’équipe et, sans qu’elles les épuisent, elles ciblent vers un objet qui cristallise bien des mutations contemporaines de nos territorialités et du sens que leurs habitants en prennent.

Chercheurs de l’axe
- Responsable : Pierre Fournier (PR AMU)
- Jean-Samuel Bordreuil (émérite CNRS)
- Jean-Stéphane Borja (chercheur associé)
- André Donzel (chercheur associé)
- Jean Lagane (MCF AMU)
- Maia Martin (MCF AMU)
- Cesare Mattina (MCF AMU)
- Sébastien Oliveau (MCF AMU)
- Christian Tamisier (chercheur associé)

Doctorant(e)s
- Baggioni Vincent
- Cacciari Joseph
- Girin Fanny
- Marchand Anne (co-direction hors ED355)
- Gassama Bafodé
- Filippi Marie
- Hélène Jeanmougin